L’industrie minière et le développement durable

L’industrie minière et le développement durable

A l’heure actuelle, il est reconnu que la conciliation entre l’industrie minière et les exigences du développement durable représente un grand défi pour l’ensemble des parties prenantes. Une telle conciliation doit désormais se baser sur une approche englobante qui prend en compte l’ensemble des considérations économiques, sociales, environnementales et éthiques de l’exploitation minière.

Le débat sur cette problématique résulte d’abord de la nature non renouvelable des ressources minières, de leur répartition ponctuelle qui interpelle l’équité inter et intra générationnelle et de leurs enjeux et impacts qui touchent à la fois les humains (peuples autochtones, employés et leurs familles, femmes, etc.), les écosystèmes et les autres ressources naturelles (eau, air, sol, biodiversité).

En effet, malgré les retombées économiques de l’industrie minière, sa réputation a été ternie par une multitude d’impacts, de sites dégradés et d’accidents industriels à l’échelle mondiale. Cette situation alarmante a déclenché la mobilisation des différents acteurs en vue d’assurer une transition de l’industrie minière vers le développement durable. Cette mobilisation a profité de plusieurs conventions, pactes et protocoles internationaux ainsi que de l’émergence d’une multitude d’organismes de surveillance et de normalisation qui ont mis en place plusieurs lignes directrices, référentiels et codes de conduite pour les entreprises minières. Les revendications sociales prônées par la société civile, les syndicats et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont contribué également à un plaidoyer pour les droits des communautés touchées. Les médias ont eux aussi joué un grand rôle dans la divulgation des impacts et incidences de l’industrie minière ainsi que dans la sensibilisation des acteurs.

Face à la pression croissante, l’industrie minière s’est montrée active depuis le début des années 1990, et particulièrement en préparation du Sommet de Johannesburg en 2002. Les initiatives des entreprises minières ont porté sur l’intégration des principes de développement durable et l’adoption des pratiques de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). Plusieurs mécanismes et démarches ont été mis en place dans cette perspective telles les fondations philanthropiques, la gestion des relations communautaires, la gestion environnementale et l’évaluation des impacts sur l’environnement.

Cependant, malgré l’ensemble des mesures prises tant sur le plan réglementaire, et décisionnel qu’opérationnel, plusieurs défaillances, insuffisances et incohérences ont été détectées. Le tout se traduit par un développement conventionnel peu satisfaisant vis-à-vis de la complexité du développement durable et son opérationnalisation au concret que ce soit au sein de l’entreprise, vis-à- vis des populations touchées ou concernant l’atténuation des risques et des impacts qui ne cessent de s’accentuer et d’évoluer (conjoncture économique mondiale, pénurie de main-d’œuvre, acceptabilité sociale, changements climatiques, etc.).

Plusieurs recommandations ont été émises afin d’optimiser la conciliation entre l’industrie minière et le développement durable. Elles comportent essentiellement le renforcement de la RSE notamment par l’engagement effectif de l’entreprise et de sa capacité à gérer les risques et défis et par l’encadrement de l’exploitation de ces ressources collectives par le secteur public. Ce dernier est tenu d’assurer un cadre législatif directif et évolutif, d’optimiser les retombées socio-économiques en minimisant les impacts sur l’environnement et d’appuyer l’innovation et la recherche et développement. L’implication des parties prenantes dans la prise des décisionsest aussi une condition préalable en mettant l’accent sur l’acceptabilité sociale dans les projets miniers, à tous les stades du cycle de vie des ressources minières et selon une démarche impliquant toute les parties prenantes et de bonne gouvernance. Autrement dit, la gestion durable dans le contexte de l’industrie minière fait référence à une approche de gestion qui utilise un cadre de développement durable articulé sur les quatre dimensions piliers : économiques, sociales, environnementales et éthiques sans oublier les enjeux de gouvernance.

Comment citer ce document

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Chaire en éco-conseil, 2012, L’industrie minière et le développement durable, document de travail, Université du Québec à Chicoutimi, 71 pages.

L’équipe de la Chaire en éco-conseil et

Dominique Ferrand, professeur associé sous la direction de
Claude Villeneuve, professeur titulaire Directeur

Janvier 2013

 

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